« L'écriture a ceci de mystérieux qu'elle parle. » Paul Claudel.
 
AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  MembresMembres  GroupesGroupes  ConnexionConnexion  
Hellow les écrivains Smile N'oubliez pas de voter pour le "Membre de la Semaine" dans la partie Editorial "Sondage: Membre de la Semaine". Vous avez jusqu'à demain pour apporter votre soutien à la personne de votre choix, sauf vous-même bien entendu, si ce n'est pas encore fait.

Partagez | 
 

 Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Lyoree
Luscinia
Luscinia


Nombre de messages : 19
Age : 18
Plumes : 65
Date d'inscription : 27/06/2012

MessageSujet: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 14:08



Pseudo;
Lyoree








        ÂGE; 13ans & demi
        SURNOMS;Je vais les passer sous silence, hein
        ACTIVITE PROFESSIONNELLE;Retardataire, sadique et collégienne
        NATIONALITE Française
        PASSE TEMPS; Ecriiiiire ♥ Et lire, chanter, danser, faire du sport, aller au cinéma, me bastonner avec les garçons (parfois...)







●● Un Rêve d'Écrivain

    - Vous aimez le design ? Oui
    - Tout est clair sur le forum, ça va ? Oui
    - Point fort du forum ? Je ne sais pas encore ^^
    - Et le point faible... ? Idem
    - Autre chose à dire ? Je ne crois pas. Je vous ferais signe, au besoin


La littérature & vous;;


      - Votre auteur préféré; Un seul? Non, y en a trop. Sophie Audouin Mamikonian, Robert Muchamore, Marc Levy, et bien d'autres encore...
      - Livre favoris; Et si c'était vrai enfin, je crois que c'est lui Razz
      - Poème favoris; Les poèmes et moi, ça fait deux. Donc disons le dormeur du val
      - Votre style;


A vos plumes ! ;;



      - Rédigez une petite nouvelle ou donnez un extrait de roman pour nous permettre d'évaluer votre niveau;

      Citation :
      Parfois, la vie nous réserve de mauvaises surprises...
      Mais peut-on appeler celle-là ainsi?
      « Je ne rentrerais pas ce soir. »
      Voilà la phrase qu'entendit la mère d'April, ce matin-là, et depuis, April n'existe plus.

      April était la deuxième enfant d'une famille aux revenus financiers moyens. Lors de son enfance, elle partageait une complicité sans bornes avec son grand frère, Tyler. Mais un jour...
      Mais un jour, leur mère donna naissance à une enfant, Ally. Cette petite fille qui était le fruit d'une douloureuse dépression de leur génitrice, était considérée comme un miracle, presqu'une délivrance, un médicament. Depuis le jour où sa petite sœur ouvrit les yeux, April se sentait profondément meurtrie. Elle n'était plus au centre de l'attention. Seulement, une fois, ses parents l'oublièrent à l'école. Suite à cet événement, elle commença à nourrir une haine irréfutable envers eux.
      Tyler, lui, n'avait pas trop d'intérêt pour la nouvelle venue, mais la petite frimousse noire finit tout de même par l'attendrir.
      Les trois enfants grandirent dans la joie, la gaieté constante, en ce lieu convivial qu'est la maison.

      C'est le genre d'histoires qui apaise la conscience... mais ce n'est pas la fin qui convient à tout ceci...
      Vous avez déjà regardé le mur? Vraiment, je veux dire. Le fixer attentivement pendant des heures et des heures, immobile. Ce putain de mur, si blanc, si pur, si vide. En fait, April ne le faisait pas vraiment. Elle regardait dans le vide. En direction du mur, mais dans le vide. A vrai dire, elle se sentait vide. Vide de toute émotion. Son regard vide louchait sur les fondations de l'hôpital. Mais tout ça… Tout ça se remplit bien vite. De larmes, un peu. De tristesse, beaucoup. Mais pas seulement. De la haine, aussi. Un mélange apocalyptique, étonnant chez une enfant si jeune. Ses cheveux blonds faisaient comme une couronne autour de son visage triste, ses yeux bleus surmontaient ses joues roses, creusées par les larmes taries qui, ensemble, avaient formé des sillons. D'un geste lent, fébrile mais déterminé, elle essuya ses pleurs. Ses parents ne méritaient même pas ça. Même pas la moindre chose d'elle, la plus petite attention, la plus petite larme, la plus petite pensée. Ils ne valaient rien. La main de la petite fille trembla alors qu'elle la reposait doucement sur son visage. Elle sentit encore une goutte couler sur sa joue, et mourir sur ses lèvres. A nouveau, un flot de pleurs se déversa, agrandissant les chemins fondés par les précédentes.
      Ploc.
      Ploc.
      Ploc.
      Une larme, une pensée, un sentiment. Mais eux, avaient-ils seulement pensé à elle, en l'abandonnant à l'école?
      April se retourna, seule dans son grand lit vide, pour s'allonger sur le ventre. Elle enfouit son visage entre ses bras, de façon à se couper du monde qui l'entourait. Elle renifla, sa respiration était saccadée. Une mèche blonde passa l'ouverture de ses lèvres et la petite fille la mâchouilla. Elle la recracha quelques minutes plus tard puis s'accroupit sur son lit pour poser sa tête entre les coussins. Dans son esprit défilaient encore les images de l'accident.

      April attrapa son sac, qu'elle lança sur son épaule droite. Elle fit un sourire confiant à son institutrice.
      - Vous inquiétez pas, madame, dit-elle, je connais le chemin.
      Sans attendre de réponse, elle franchit le parvis de l'école. L'hiver était rude en cette période de l'année, et du verglas recouvrait la chaussée. La petite fille resserra ses bras autour de son manteau, se réchauffant. Elle se posait des questions. Pourquoi sa mère n'était elle pas venue? Pourquoi n'avait elle pas appelé l'école pour prévenir? Était-elle simplement en retard? Ou l'avait elle oubliée, toute son attention étant accaparée par Ally ? April fit sauter une légère plaque de givre avec le bout de sa botte avant de s'élancer sur la route. Un sourire amusé éclaira son visage : elle avait l'impression d'être à la patinoire. Elle fit quelques pas, glissa quelques mètres, tourna à droite, sûre d'elle. Dans son dos, un bruit de klaxon retentit. Elle n'y fit pas attention. Elle continuait à s'amuser. La voiture tenta de freiner. Mais, comme mentionné plus tôt, le verglas recouvrait le goudron. April se retourna lorsqu'un deuxième coup avertisseur fut sonné. Son visage se décomposa, comme effaré, effrayé. La dernière chose qu'elle vit fut l'automobile qui la percutait de plein fouet, l'envoyant quelques mètres plus loin. Le visage du conducteur fut projeté vers l'avant avec force, et heurta le pare-brise. Mais, avant que le voile noir de l'inconscience ne s'abatte sur elle, la petite fille eut le temps de reconnaître l'homme qui l'avait renversée...
      Son père. Son propre père.

      April battit des paupières. Une fois encore, elle bailla. Elle était fatiguée. Fatiguée d'avoir pleuré. Fatiguée de la vie. Mais elle préférait encore verser des larmes à la perspective de s’endormir, d’être à nouveau hantée par des cauchemars. Bientôt pourtant, elle se coula dans les doux bras de Morphée.
      La petite fille se jeta par terre, devant le corps inanimé qui faisait face à son regard. Elle s'écorcha les genoux, et du sang coula sur le goudron, rejoignant celui de l'homme. Elle se vit appuyer ses mains contre la poitrine de son père, la comprimant, hurlant des « non ! » désabusés, entrecoupés de sanglots ravalés. Elle ne comprenait pas qu’elle ne pouvait rien faire, elle qui était tellement habituée aux espoirs insensés. Des larmes coulaient sur ses joues, et ses membres tremblaient.
      -Nooon!
      L'homme soupira dans un demi-sourire. Il tendit une main vers sa fille qui l'attrapa machinalement. La bouche d'April s'entrouvrit, mais aucun son n'en sortit. Elle vit son père rendre son dernier souffle. Elle poussa un dernier cri, un long « non », désespéré face à la mort. Elle enfouit son visage dans les vêtements de son père, qu'elle tenait de ses mains ensanglantées, et elle le secouait, dans l'espoir qu'enfin, il ouvrirait ses yeux. Mais c'était peine perdue. Il était partit.
      La scène se rembobina, comme une cassette que l'on souhaite voir et revoir, encore et toujours, comme une horloge dont on remonte les aiguilles.
      April se sentit tomber, avec une infinie lenteur ; sa chute sembla durer une éternité. Elle s’écrasa contre le sol, elle hoqueta, tant la douleur était grande. Elle tenta un regard vers son père. Il lui avait tourné le dos. Il s'était levé et maintenant, il marchait. Elle essaya de se redresser. Elle était en train de mourir. Du sang coulait de sa poitrine, et ruisselait sur le sol, nimbant la route d'un voile de soie vermeil.
      -Papa, croassa-t-elle faiblement.
      Il ne lui fit même pas l'aumône d'un regard.
      Le cœur de la petite fille se remplit de tristesse. Elle mourrait et il l'abandonnait, comme ça, sans même la voir une dernière fois ! Les yeux bleus d'April se ternirent, pourtant, dans la mort, elle emmenait la dernière émotion qu'il lui restait : la haine. Une haine dévastatrice, incurable, envers son père, ses parents qui n'étaient pas la pour elle.
      April se réveilla en sursaut, la respiration haletante. Des gouttes de sueur perlaient à son front, qu'elle essuya d'un geste fébrile, à la suite de quoi elle poussa un profond soupir. Elle entendait le rythme de son cœur qui battait follement. Ce n'était qu'un rêve, un simple rêve ! Un RÊVE ! Elle jeta un coup d'œil circulaire à la pièce et se rendit compte qu'elle était encore seule. Son père était dans une chambre de l'hôpital, lui aussi, et toute sa famille devait être là-bas. La laissant seule. Elle en était à présent sûre: ses parents ne se souciaient pas d'elle, comme le prouvait le fait qu'elle soit seule dans une chambre si immense. Mais cette pièce était elle vraiment grande? Ou celle dans laquelle elle vivait, chez elle, avait vraiment les dimensions d'un placard? Elle s'assit sur le rebord du lit, ses jambes pendant dans le vide. Des feuilles attirèrent son attention. Son suivit médical. Elle écarquilla les yeux d'incrédulité: ils avaient fait une faute à son prénom, et ses parents ne s'étaient rendus compte de rien, comme l'attestait la signature en bas de page.
      A nouveau, une haine sans bornes l'envahit. Disparue, l'innocence. Disparue, l'enfance. Disparus, les jours heureux. Disparu, l'amour. April se recroquevilla dans ses draps qu'elle froissa. Elle emmêla ses mains dans ses cheveux, les tirant avec force, comme si, dans la souffrance, elle trouverait enfin un refuge. Sa bouche s'arrondit en une grimace de colère. Elle n'y arrivait pas. Elle voulait avoir mal… Mal ! Oublier. Ne plus se souvenir, oublier, un sentiment si bon, réconfortant. Oubli rime-t-il avec bonheur? Le bonheur de ne pas savoir à quel point l'on a été triste? Elle enfouit son visage dans ses bras et se mit à pleurer. Elle gémissait. Avant, elle pensait qu'avec le temps, elle ne sentirait plus les larmes. C'était faux. Chaque pleur, on le lui arrachait violemment du cœur, on lui enlevait une part d'elle-même. Jusqu'à ce qu'on lui prenne tout, qu'elle soit vide, plus qu’un cocon creux qui trainerait son chagrin sourd et son amour perdu. Elle refusait de croire l'odieuse vérité, et en même temps, elle pleurait. Car maintenant, elle savait que c'était fini, elle ne repoussait plus l’échéance, ne se voilait plus la face, voyait ce qu’elle refusait d’admettre, alors que c’était pourtant si évident. Les lamentations ? Inutile. Les gémissements ? Pathétique. Son cœur ? Solitaire. Son amour ? A sens unique, nourri d’attentes perdues. Tout ça, c’était mort. April repoussa ses couvertures et se leva enfin, ses pieds nus foulant à peine le sol de l'hôpital. Elle s'approcha du mur, y fit courir sa main. Elle esquissa un sourire de satisfaction et renversa la tête en arrière, s'appuyant sur la séparation des deux chambres contiguës. Elle ferma les yeux pour ce qu'elle espérait être la dernière fois, et envoya son visage avec force vers l'avant, un sourire encore au bord des lèvres. Son crâne heurta avec violence le mur blanc, le constellant de tâches rouges. April laissa échapper un petit cri de douleur, mais recommença avec plus de conviction encore. Elle entendit un craquement sinistre, puis plus rien. Elle se sentit choir, comme une poupée de son à laquelle on aurait coupé les cordes. Les cheveux de l'enfant retombèrent devant son visage, le masquant presque totalement. Alors qu'elle sombrait, la porte s'entrouvrit, mais fut bloquée par le corps devenu mou de la fillette.
      Ally entra. Elle fit passer une de ses petites jambes potelées par dessus le corps de sa sœur, et s'assit à califourchon sur elle. Elle tira les cheveux d'April et la tête de celle-ci décolla légèrement du sol. Le bébé appuya son index sur la joue de son ainée, inerte. Sa lèvre trembla lorsqu'elle vit le sang qui s'écoulait du front de l'enfant. Des bruits de pas se firent entendre dans le couloir. Les talons frappaient le sol carrelé de l'hôpital. Dans la lumière propagée par la porte qui n'était pas refermée, une silhouette de femme se découpa et se pencha vers Ally qui tendit les bras, reconnaissant le visage de sa mère. Elle enfouit sa tête dans le cou de sa génitrice, soustrayant son regard au corps étalé sur la moquette de la chambre. La femme passa tendrement sa main dans les cheveux de sa petite dernière alors qu'elle regardait April. Elle s'approcha du mur qu'elle effleura, teintant ses doigts de la même couleur écarlate. Elle soupira.
      -Quelle idiote, lâcha-t-elle enfin. Elle relâcha Ally qui s'approcha encore de sa sœur. Celle-ci se sentait tomber. Elle sentait comme un vent frai qui agitait ses cheveux, jouait dans ses vêtements. Comme une brise légère qui la caressait. Elle était à l'abri de tout, protégée de rien. Elle savait qu'elle ne tombait pas, pas matériellement, mais elle sentait son esprit l'abandonner. Délaissée, elle se sentait démunie. Seule, elle se sentait pourtant libre. En fait, elle sombrait dans le coma. Un coma profond, dont l'issue en était encore incertaine.
      Mais savez vous seulement ce qu'est le coma ? Cet état d'impuissance auquel on est livrés. Cet état dont les gens ne connaissent rien, alors qu'ils croient tout savoir. Cet état où tu te sens comme paralysé, infirme. Ils disent que lorsque l'on y plonge, c'est comme un sommeil qui dur longtemps, et dans lequel on peut rester des années, ou tout simplement ne pas en sortir. April n'était qu'une enfant. Les gens ne misent jamais rien sur les enfants. Pour eux, c'était simple. April était morte. La petite fille entendait la discussion des infirmières, et de ses parents autour d'elle. Ils convinrent de la laisser à l'hôpital un mois. Si au bout d'un mois, elle ne revenait pas, ils pratiqueraient une euthanasie. April se sentait désespérée. Elle tenta de se relever, leur dire qu'elle n'avait rien, et partir, partir à jamais, les laissant là. Sa famille, ses souvenirs, sa douleur. Laissant tout là bas, et ne plus jamais y penser. Mais son corps ne lui obéissait pas. Son esprit était intact, mais il était comme débranché de son corps. Elle fit face à l'horrible réalité : si, dans un mois, elle n'arrivait pas a réveiller sa prison de chair, elle serait morte à jamais. Mais l’état dans lequel elle se trouvait n’était il pas pire que la mort ? L’euthanasie valait elle mieux qu’une attente interminable ? Une autre question se pausait cependant : qu’y a-t-il après notre trépas ? Le néant ? Le paradis ? L’enfer ? Un retour à zéro ? Une nouvelle existence ? Qu’en savons-nous vraiment ? Rien. On n’en sait rien. Peut être que ce n’est rien d’autre qu’un sommeil éternel, peut être vivons nous à nouveau, peut être que la mort n’est en fait que le début de l’existence réelle. On est nés pour mourir, n’est ce pas là la logique des choses ?


      J'sais pas si je le laisse sur cette fin là, ou pas. Je tiens a préciser que ce n'est pas encore relu et que je compte pas le faire Razz

      - Un exemple de poème ?

      Citation :
      Eh bien noooon !

      - Autre chose au choix, pour mettre toutes les chances avec vous ? Very Happy

      Citation :

      Harcelée.

      Une fois encore, alors que la brume matinale s’engouffre dans sa chambre, un rayon de soleil caresse le visage de Tally. Elle se couvre la tête du bras, elle vient de s’endormir, ce n’est pas pour se lever déjà. Elle entend le son de son réveil s’insinuer dans ses oreilles. Contrainte, elle se lève, trainant des pieds, faisant tout pour retarder cette nouvelle journée.
      Une fois encore, elle veut être malade.
      Une fois encore, elle veut échapper à la routine.
      Une fois encore, elle a passé la nuit à pleurer au milieu de ses coussins.
      Echapper au harcèlement, ce serait donc si dur ? Elle se voit encore, passant près de ses camardes à la sortie des cours, elle les entend rire ensemble, se donner rendez-vous le mercredi après la classe. Elle entend encore les piques qu’on lui lance, elle sent encore les coups de pieds reçus dans les tibias, et elle, elle serre les dents.
      Elle, elle retient ses larmes.
      Elle, elle se bat.
      Elle, elle est brisée.
      En deux, en trois, en mille.
      Sous la douche, elle entend encore les insultes fleurir, son frère qui tambourine à la porte de la salle de bain. Elle a besoin de ces quelques moments de répit. Parce que ce sont les seuls pendant lesquels elle peut souffler. Elle sait ce qui arrivera, le matin, quand elle se présentera au collège à huit heures. Ses camarades l’encercleront, l’incendieront, feront pleuvoir les insultes. Elle rentrera sa tête dans ses épaules, se faisant aussi discrète que possible. Elle recevra un coup entre les omoplates, ou sur les jambes. Elle ne dira rien. Elle se mettra à courir. Vite, loin. Elle essayera de partir, de tout abandonner. Mais quelqu’un la rattrapera, la fera tomber. Elle ravalera encore un sanglot. On se paiera sa tête. Quelqu’un essaiera de lui porter un coup au visage. Elle se relèvera et ripostera. C’est là que le CPE arrivera, et que tout lui retombera dessus. Elle fait glisser la brosse sur ses cheveux, masquant son visage. Elle s’habille, prenant ce qui lui tombait sous la main. Depuis longtemps déjà qu’elle ne faisait plus attention à son apparence. Elle descend à la cuisine, salue sa mère, attrape un bout de pain, jette son sac sur son épaule droite, et claque la porte en sortant. La pluie tombe. Son visage mouillé masque les marques de ses larmes qu’elle laisse alors couler. Jamais elle ne pourra revivre. Pas sans repenser à ces jours douloureux. Pas sans risquer de se briser encore. Pas sans risquer de tomber, sans se relever.
      Pas sans risquer d’une fois encore, se faire harceler.

      Brisée.
      Toi aussi, tu l’entends ? Toi aussi, n’est ce pas ? Dis le moi. Dis-moi que tu l’entends. Que ça te fait rire ? Non, ça je le sais déjà. Mais pas moi. Moi, ça me fend le cœur. Parce que moi, j’y ai survécu. Oui, moi, j’ai réussi, je me suis relevée. Je ne suis pas devenue seule, brisée, je ne suis pas un simple cocon creux qui traine mon chagrin, ma peine, mon âme désormais morte . Le flot de larmes qui s’écoulait auparavant sur mes joues s’est tari, et plus rien n’y subsiste. Pour une raison simple. Ecoute moi au moins sur ce point là. C’est si simple. Tout ce que tu fais… ça vole si haut, trop haut pour que cela m’atteigne. Ca l’a déjà fait, certes, mais depuis, je n’ai pas grandi, ne me suis pas tassée. Tu as prit de la hauteur, si je peux dire. Mais cela t’amuse-t-il vraiment ? Mais qui d’autre, mis à part toi, arrive à rire de ça ? Tes amis, peut être ? tes soi-disant amis. As-tu seulement réfléchit une seule seconde à ce que tu ressentirais, si cela t’arrivait, à toi aussi ? Non, bien évidement. Alors maintenant, maintenant, je vais te le demander gentiment : passe ton chemin. Oublie. C’est si simple, à ce qu’il parait. Moi toi, et moi, on sait bien que non. Pourquoi ne m’écoutes tu donc pas ? Dégage ! Va-t-en ! Barre-toi, toi et ta grande gueule, barrez vous. Je ne te laisserais pas recommencer, pas une autre fois encore.


      Seule.
      Elle avance, les cheveux au vent, le visage ruisselant de pluie. Il y a du tonnerre, et elle marche. Elle lève la tête, et regarde le ciel. Des oiseaux s’envolent en groupe. Elle se sent mal. Elle voit des enfants jouer ensemble. Elle a un pincement au cœur. Elle aperçoit un couple, et elle sent sa gorge se nouer. Elle continue sa progression dans les rues maintenant recouvertes d’un voile assombri, la tête basse, ses cheveux masquant son regard. Elle sent une larme. Elle nait au coin de ses yeux, vit sur ses joues, meurt aux commissures de ses lèvres. Elle est seule, sans personne, dans le noir. Elle a peur. Et alors ? Quelqu’un en a-t-il quelque chose à faire, de sa solitude ? Elle glisse sur une dalle, et un rire enfantin lui fait mal, il la heurte, au plus profond d’elle-même. Un rire moqueur, déstabilisant, horrible, tout simplement. Ou plutôt, horrible quand on en est la victime. Sinon, on rit. Encore, toujours, plus fort, sans s’arrêter, sans se soucier des traces laissées qui sont pourtant ineffaçables. Et qui resteront toujours, gravées. Elle est seule.
      Seule…

      Ambitieuse.

      Pas assez. Encore une fois, ce n’est pas suffisant. Elle veut plus, mais ne l’a pas. Plus haut, toujours plus haut. Plus loin, encore et toujours. Elle se démène, se déchaîne, fait tout pour y arriver, pour réussir. La réussite ? Elle l’a. La reconnaissance ? Elle l’a. Le mérite ? Elle l’a. La gloire ? Elle l’a. Que veut-elle de plus ? Tout. Tout cela, ce n’est pas assez. On lui donne un doigt, elle veut un bras. Elle est insatiable, jamais rassasiée. Toujours plus. Plus. Non… Plus, ce n’est pas assez. Mais quelque chose l’est il, pour elle ? On connait tous la réponse. Non. Rien ne lui est suffisant.


      Mendiante.

      Elle tend un bras frêle en direction d’une femme. Celle-ci, d’un sec mouvement de tête, l’ignore, puis poursuit son chemin. Elle ouvre sa main, elle quémande juste de quoi se nourrir, mais on l’ignore, on l’efface de notre vue. Ses haillons couvrent à peine sont corps de fillette alors que la neige tombe. Elle se recroqueville sur elle-même, limite honteuse de son apparence, mais garde le bras tendu. Un homme passe, lui marche sur le pied. Elle ne sent rien ; il est gelé. Elle aurait pu le voir, si elle n’avait pas enfoui sa tête dans ses bras trop maigres, pour tenter malgré tout de se procurer un peu de chaleur. Un enfant passe, la montre du doigt, demandant à sa mère pourquoi elle est si… Si quoi, d’ailleurs ? « Maigre », peut être ? Non, ce mot là n’est pas suffisant, il ne décrit pas assez bien la situation. Elle est… squelettique, oui, c’est ça. Le garçon interroge sa génitrice, mais elle se contente de lui prendre le bras et de le tirer avec violence, l’éloignant, essayant du mieux qu’elle le pouvait de cacher la réalité à son gamin, si jeune. La fillette se lève, s’appuyant difficilement sur ce qu’elle pouvait, ne laissant reposer que peu son poids sur ses jambes , elle avance lentement, et sur son passage, les gens s’écartent, la fuient comme la peste. Elle veut laisser une larme s’échapper, mais depuis longtemps déjà, ses pleurs se sont taris, et pas une seule goutte ne sait se frayer un chemin sur ses joues creuses. Elle glisse, et tombe. Personne ne le voit. On entend un horrible craquement. Qui pour y faire attention ? Personne. Elle meurt, au milieu de la grande rue, mais personne ne s’en rend compte. Enfin, peut être que si, mais personne ne souhaite le voir. Une mendiante, une enfant, une fille, une âme en moins, mais qui ferait attention à la mort d’ une sale orpheline qui fait les poubelles, dans l’espoir de se nourrir ?



      Oui, c'en est plusieurs mais... je mets toutes les chances de mon côté Laughing





●● T'as envie de parler de toi ?

    Déballe TOUT !;

      Disons que j'ai un caractère bien trempé. Enfin, en apparence, tout du moins. J'aime me battre, et je le fais souvent, au risque de récolter quelques bleus. Je le précise si vous avez des doutes, je suis une fille. Laughing Quand j'écris, c'est tout ce qui me sort par la tête que vous pouvez lire, tout simplement parce que dénoncer, ça me plait.
      Bon, je vais arrêter d'étaler ma petite vie inintéressante, hein.




●● And it's the end !


    - Pourquoi ce pseudo ?; Parce que j'aime bien. J'avais hésité avec Tally, aussi.
    - Comment es-tu arrivé(e)s sur Writer's Dreams ?; Grace a Iana !
    - Au fait, tu parles quelles langues ? Le Français, l'espagnol, l'anglais, l'italien, un peu.
    - Un dernier mot ? J'ai faim... (ah! zut, ça en fait trois...)


Formulaire par Mik', modifié par Blue
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Miko
Falco eleonorae
Falco eleonorae


Nombre de messages : 339
Age : 22
Plumes : 1232
Date d'inscription : 22/01/2011

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 16:25

Bonjour et bienvenue sur WD !

J'espère que tu vas te plaire ici, mais surtout t'épanouir dans ton écriture !

Et n'oublie pas de choisir ta maison...

Miko Smile

_________________
La morale n'est légitime qu'à la première personne...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://make-up.forumactif.com/
Aster
Cygnum
Cygnum


Nombre de messages : 204
Age : 21
Plumes : 827
Date d'inscription : 18/01/2011

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 16:47

Hellow miss!!
Welcome to WD Very Happy
Eh bien, eh bien, deux membres en une semaine! On a battu un record, là, pas vrai Mik'?:p
Je suis toujours agréablement surprise de voir des écrivaines aussi jeune et aussi talentueuses!
Il n'y a quasiment aucune faute dans tes textes si ce n'est à peine une ou deux fautes de frappe mais avec une petite relecture ( que tu sembles rejeter x) ) ca peut s'arranger.
Ton premier texte est assez dramatique. Sombre même. Et tragique, parce qu'on découvre une enfant torturée, à qui il aurait suffit d'un peu d'attention pour aller mieux. :s Tes autres petits Brouillons comme on les appelles ici me rappellent beaucoup ceux d' Alyss puisqu'ils portent à peu près sur le même sujet à savoir le harcèlement.
Tu n'es pas une grande fan de poème et ce n'est pas vraiment un problème puisque je suis comme toi xD
Comme l'a donc si bien dit Miko, n'oublie pas de choisir ta maison Wink
Au plaisir de lire tes oeuvres!

_________________
사랑해 아듬 업바 ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.seven-worlds.forumgratuit.org/
Lyoree
Luscinia
Luscinia


Nombre de messages : 19
Age : 18
Plumes : 65
Date d'inscription : 27/06/2012

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 17:20

Merci (:
Justement, pour les maisons, j'hésite. Mais je pense que je vais prendre Lorem Lupus ...
Ah, et je suis soulagée de voir que je suis pas la seule à rejeter un peu les poèmes !

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Miko
Falco eleonorae
Falco eleonorae


Nombre de messages : 339
Age : 22
Plumes : 1232
Date d'inscription : 22/01/2011

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 17:25

Ce n'est pas une obligation de toute façon ! Chacun écris comme il le sent, ici Smile

PS : Fan d'Avril ?

_________________
La morale n'est légitime qu'à la première personne...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://make-up.forumactif.com/
Lyoree
Luscinia
Luscinia


Nombre de messages : 19
Age : 18
Plumes : 65
Date d'inscription : 27/06/2012

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 17:27

Fan d'Avril, en effet !
D'ailleurs, c'est ça qu'il faudrait rajouter dans les présentations, peut être, les goûts musicaux.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Miko
Falco eleonorae
Falco eleonorae


Nombre de messages : 339
Age : 22
Plumes : 1232
Date d'inscription : 22/01/2011

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 17:29

Ah ! Je sens que je vais bien m'entendre avec toi !!
Pour les présentations, on est restée très axé sur le côté littéraire, pour nous permettre d'attribuer les rangs. Mais, rien n'empêche d'ouvrir une discussion pour en parler Smile

_________________
La morale n'est légitime qu'à la première personne...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://make-up.forumactif.com/
Alyss
Periparus ater
Periparus ater


Nombre de messages : 84
Age : 18
Plumes : 342
Date d'inscription : 23/06/2012

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 18:05

Salut Lyo'. Ah, j'ai oublié de préciser? Ici, je m'appelle Alyss. Je crois que j'avais lu tous tes textes. Sauf ambitieuse. Je l'ai beaucoup aimé, encore une fois. ET puis, bienvenue sur le forum!!! Il était un peu désert mais depuis que je suis là ca va mieux (oui, ca va très bien les chevilles)


A plus tard!
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aster
Cygnum
Cygnum


Nombre de messages : 204
Age : 21
Plumes : 827
Date d'inscription : 18/01/2011

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 18:08

Et bah alors, vous avez déjà la grosse tête...avant même d'avoir rencontré Blue' x) *pas taper*

Enfin, Lyoree, pourrais-tu préciser exactement la maison que tu as choisie que je valide officiellement ton inscription^^?
PS: vous êtes les bienvenues sur la CB, au fait xD

_________________
사랑해 아듬 업바 ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.seven-worlds.forumgratuit.org/
Lyoree
Luscinia
Luscinia


Nombre de messages : 19
Age : 18
Plumes : 65
Date d'inscription : 27/06/2012

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 18:14

Merci, Alyss.
Ouais, ambitieuse, je l'avais pas postée, je l'aime pas trop Razz
Et je vais prendre Lorem Lupus, au final.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Aster
Cygnum
Cygnum


Nombre de messages : 204
Age : 21
Plumes : 827
Date d'inscription : 18/01/2011

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 18:21

Ok, miss je te met chez les loups et te valide officiellement:p

_________________
사랑해 아듬 업바 ♥
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://www.seven-worlds.forumgratuit.org/
Lyoree
Luscinia
Luscinia


Nombre de messages : 19
Age : 18
Plumes : 65
Date d'inscription : 27/06/2012

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Mer 27 Juin - 18:30

Merci ! (:

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Sawa
Colubris
Colubris


Nombre de messages : 160
Age : 17
Plumes : 595
Date d'inscription : 02/10/2010

MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Jeu 28 Juin - 14:37

HOLY CRAP. Je t'adore déjà, toi <3 Tu as beaucoup, beaucoup de talent, j'ai été transportée par ce que tu as écrit! Wink

_________________

Feel my heat taking you higher, burn with me
HEAVEN'S ON FIRE


KISS.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://holy-acrylic.tumblr.com
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.   Aujourd'hui à 20:07

Revenir en haut Aller en bas
 
Lyoree ou la folle dénonciatrice, au choix.
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Pb pour le choix de la voie
» Choix des itinéraires dans les trajets
» QUEL CHOIX DE LOGICIEL T.C.
» Choix d'un casque
» Choix de fixation du GPS dans la voiture

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Writers Dreams :: [ I ] Introduction :: Présentations ~ :: Validey' !-
Sauter vers: