« L'écriture a ceci de mystérieux qu'elle parle. » Paul Claudel.
 
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 Aster (pas trouvé de titre de noblesse assez important *-*)

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Aster
Cygnum
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MessageSujet: Aster (pas trouvé de titre de noblesse assez important *-*)    Mar 1 Nov - 12:23





Pseudo; Aster
Aster, Sa Majesté!








        ÂGE; 16 ans tout juste!
        SURNOMS; Soh, Cyssou, Mina (Cherchez pas à comprendre --")
        ACTIVITE PROFESSIONNELLE; Lycéenne (ça vous étonne, hein?)
        NATIONALITESang-mêlée: Mi-Frenchie, Mi-Tunisian.
        PASSE TEMPS;Lecture (non, sans rire?!), TV, Ordi, Ecriture...







●● Un Rêve d'Écrivain

    - Vous aimez le design ? Une pure merveille @-@!
    - Tout est clair sur le forum, ça va ? Je dirais que oui.
    - Point fort du forum ? Hum...l'organisation.
    - Et le point faible... ?Aucun, tout est parfait! *cirage de pompe*
    - Autre chose à dire ? Une petite mini remarque: l'écriture beige ou marron clair ou grise n'est pas très lisible.


La littérature & vous;;


      - Votre auteur préféré; Nora Roberts (Ô grande romancière!), Loretta Chase (History Baby!)
      - Livre favoris; Un peu simplet, mais je dirais "Lady Carsington" de Miss Chase.
      - Poème favoris; Récemment, certaines strophes de Don Juan, de Lord Byron.
      - Votre style; Romance, Drame, Fantasy...ça dépend de mon humeur.:p


A vos plumes ! ;;



      - Rédigez une petite nouvelle ou donnez un extrait de roman pour nous permettre d'évaluer votre niveau; Petite nouvelle, vu à travers les yeux naïfs d'un enfant.

      Citation :
      Après les cours, Cédric se dépêchait de gagner la sortie, de peur d’être intercepté par un camarade malveillant.
      « -Ca ne s’est pas si mal passé, commenta-t-il.
      -Quoi ?! Tu plaisantes ?!! s’écria une petite voix au ton irrité, il t’a renversé de l’encre sur ta chemise ! C’est toujours la même chose, tu aurais dû me laisser intervenir.
      -Il est bête, c’est tout, fit le jeune garçon en frottant machinalement sa chemise blanche toute neuve où s’étalait à présent une large tâche sombre.
      -Bête, ça c’est sur ! Mais tu sais ce qu’il est aussi ? Il est non seulement… »
      Cédric se taisait, laissant sa jeune amie tempêter contre Titi. Après tout, ce n’était pas vraiment sa faute. Personne n’avait pris la peine de lui expliquer que les créatures extraterrestres existaient et qu’il fallait aussi les respecter. Son père était trop occupé à vendre de belles voitures. Les pensées du garçonnet s’égarèrent. Il pensa à son propre père qui rentrait tard le soir. Quand il était plus jeune, Cédric croyait que son papa était un chevalier armé d’un tournevis qui savait tout réparer. Mais, des élèves comme Titi s’étaient vite chargé de le détromper. A dix ans, il comprenait que son père n’était qu’un mécanicien qui réparait de vieilles voitures cabossées pour les gens qui n’avaient pas les moyens d’aller chez le père de Titi. Cédric n’était pas bête. Il savait que ce travail n’était pas aussi sympa que celui d’explorateur ou de pilote d’avion. Tout comme il savait que sa maman était partie. Son papa lui avait dit qu’elle était montée au ciel. Alors, tous les soirs, l’enfant grimpait sur le toit de leur petite maisonnette et scrutait les étoiles en se demandant laquelle était sa mère. Peut-être que les extraterrestres l’avaient rencontrée en chemin et l’avaient prise à bord de leur vaisseau. Peut-être qu’elle les aidait dans leurs recherches. En tout cas, elle lui manquait beaucoup et il espérait qu’elle pensait à lui de là-haut. Il lui arrivait même, en voyant une étoile filante, de se dire qu’elle lui envoyait un signe. Depuis qu’il était petit, Cédric s’intéressait à tout ce avait un rapport avec l’espace. Il savait que les Martiens n’étaient pas réellement vert mais gris et que les Plutoniens n’avaient qu’un œil. Pas pratique pour distinguer quelque chose alors qu’il devait faire très sombre. Mais bon, de toute façon, ils produisaient des radiations qui les aidaient à se diriger.
      En songeant à cela, il se demanda à quoi ressemblaient les gens là d’où venait Cocci. Il se rappela du jour ou il l’avait trouvée. Il pleuvait ce matin-là et il se dépêchait de rentrer avant que ses livres sur les vaisseaux spatiaux, dont il ne se séparait jamais, ne soient trempés. C’est un petit bruit qui avait attiré son attention. En baissant la tête, il avait aperçut un petit objet en forme de noix brisé en deux. Fasciné, il s’était penché pour le ramasser et avait découvert à l’intérieur une coccinelle dont la taille était supérieure à la normale. Elle faisait au moins un centimètre de long. La petite créature l’avait regardé, puis, à sa grande stupéfaction, s’était mise à parler. Elle lui avait expliqué qu’elle venait d’une planète lointaine habitée par de tout petits êtres. Ils avaient développé la capacité de se transformer en animaux tout en conservant leurs capacités intellectuelles. Cédric l’avait écouté en réprimant son excitation. Il avait raison ! Les extraterrestres existaient vraiment ! Sa nouvelle amie avait terminé son récit en disant que l’atmosphère terrestre avait enclenché un mécanisme de protection et de sauvegarde. Cédric n’avait pas tout compris mais, apparemment, la jeune créature était coincée dans la peau d’une coccinelle jusqu’à ce qu’elle rentre sur sa planète. Il avait déjà lu un livre avec des images qui parlait de certaines formes étranges que prenaient les extraterrestres pour garder leur identité secrète. Mais, dans ce cas présent, c’était visiblement contre son gré. Pour finir, il avait promis de l’aider à rentrer chez elle et c’est pourquoi il se hâtait, espérant arriver à la bibliothèque avant qu’elle ne ferme.
      Un silence soudain le tira de ses pensées et il s’aperçut qu’il n’avait traversé que la moitié de la cour. Cocci s’était tue. Devant lui, un groupe d’élèves lui barrait le passage avec, sur le visage, une expression qu’il avait souvent vue avant. Elle signifiait qu’il allait avoir des ennuis. Il reconnut Titi, avec ses cheveux blonds hérissés et ses yeux de fouine. Il se tenait près d’un ‘’grand’’ aux boucles rousses et aux oreilles décollées. Ted. Aïe, il allait vraiment avoir des problèmes.
      « -Salut, Minus, commença-t-il de sa voix nasillarde, un sourire mauvais dévoilant l’écart entre ses deux dents du haut, t’as un nouvel ami à ce qu’il paraît ! Tu aurais dû nous prévenir, on l’aurait accueillit comme il faut »
      Sa remarque déclencha des ricanements que Cédric associa mentalement au cri des hyènes de Neburons, une planète qu’il visitait pendant ses jeux nocturnes sous les draps de son lit.
      « - Eh bien, en fait, c’est une fille, corrigea-t-il d’une voix calme en levant le menton.
      -Eh, vous entendez ça les gars ?, s’écria le rouquin en se tournant vers ses camarades, Cédric se promène avec une fille dans une boite ! »
      Nouveaux ricanements.
      « -Mais non, sois pas bête, intervint Titi d’un air mauvais, ce n’est pas une fille ! C’est une coc-ci-nel-le !! »
      Cédric se demanda vaguement si leurs mâchoires n’allaient pas tomber à force de rire autant. Après tout, c’était bien arrivé dans un livre qu’il avait lu. Mais dans ce livre, les extraterrestres envahissaient la Terre et faisaient des expériences sur des hommes qu’ils capturaient. Alors bon…
      « -Allez Minus, l’encouragea Ted d’un ton mielleux en se penchant vers lui, montre-la nous, ta copine. Il paraît qu’elle t’a aidé en calcul. J’ai besoin de remonter mon niveau !
      -Même si on te changeait le cerveau tu ne ferais aucun progrès, Ted, rétorqua l’enfant en essayant de dissimuler sa crainte face à ce géant roux qui le dépassait d’une bonne tête.
      -Eh, fais attention Microbe, tu ne sais pas à qui tu parles !
      -Oh si, je le sais ! Je parle à un débile profond qui ne sait même pas compter jusqu’à vingt !
      -Oui, vas-y Cédric, ne te laisse pas faire. »
      Le visage du rouquin s’empourpra violemment et il hurla d’une voix menaçante :
      « -C’est toi qui me traite de débile ?!! Moi au moins, je ne crois pas à toutes ces histoires de bébés sur les extraterrestres !!
      -Ce ne sont pas des histoires, ils existent !
      -Bah oui, c’est ça !! Prouve-le alors ! »
      Titi, qui avait prononcé cette dernière réplique, s’approcha en le fixant d’un air mauvais. Dans la cour, on n’entendait plus un bruit. Tous les élèves étaient rentrés chez eux, mis à part Cédric et la bande à Ted. Le jeune garçon hésitait. S’il leur montrait Cocci, ils risquaient de lui faire du mal. Mais s’il la cachait plus longtemps, c’est sur lui qu’ils se retourneraient. Que faire ? Titi mit fin à ses réflexions en lançant d’un ton mordant :
      « -Alors quoi, Minus ? Tu veux ta Môman ?!! »
      Sans crier gare, Cédric se jeta sur son persécuteur et lui donna un bon coup dans le ventre. Vlan ! Qu’il se taise donc ! De quel droit parlait-il de sa mère ? L’autre se courba en deux en gémissant tandis que Ted poussait violemment l’enfant contre la grille. La petite boite tomba de son cartable et s’ouvrit. Aussitôt, Cocci, qui n’attendait que cette occasion, s’envola en criant de sa petite voix courroucée :
      « -Eh, ne le touche pas, Poil de Carotte ! De quel droit tu te moques de lui ?! Tu ne lui arrive pas à la cheville !! »
      Ted recula en écarquillant ses yeux bleus très pâles et faillit trébucher sur Titi qui se relevait péniblement. La Coccinelle se mit à voler autour du petit groupe en continuant de les invectiver, entrant par une manche, passant dans les cheveux, sortant par un col. Tous les enfants se débattaient comme des pantins, tantôt appelant leur mère tantôt sanglotant. Johnny, un petit gros au T-shirt taché de sueur et aux cheveux coupés en brosse agitait son énorme sandwich au thon dans l’espoir de chasser l’insecte. Titi était recroquevillé sur le sol et gémissait tandis que Ted sautait comme si ses pieds le brûlaient. Trois ou quatre autres tentaient vainement de boucher toutes les ouvertures que pouvait présenter leur corps. Pendant ce temps, Cédric observait cette scène avec un mélange d’effroi et de fascination. Si sa mère avait voulu l’aider par l’intermédiaire de Cocci eh bien, c’était réussi. S’il n’avait pas eu aussi peur, il en aurait peut-être ri. Quoique non. Il aurait plutôt pris des photos. C’était toujours utile.
      Enfin, comme dans un film de guerre, le dernier enfant tomba à terre en gémissant au milieu de ses camarades qui se tortillaient comme des larves de Glomens, une espèce extraterrestre que Cédric espérait avoir la chance de rencontrer un jour. Dans un dernier bourdonnement, la coccinelle regagna sa boite en déclarant dignement :
      « -Réfléchissez la prochaine fois. Je ne serais peut-être pas aussi gentille. »
      Cédric s’empressa de refermer la petite boite et s’enfuit en courant avant que les autres n’aient le temps de se relever, ce qui aurait été plutôt surprenant, vu leur état actuel.
      « -C’était trop cool, s’écria-t-il avec enthousiasme, merci Cocci.
      -A ton service ! »


      Le soir même, assis comme à son habitude sur le toit de sa maison, Cédric regardait le ciel. Mais, depuis une semaine, il n’était plus seul avec les étoiles. Cocci était à ses côtés. Elle était toujours là d’ailleurs, amie fidèle entre tous. Elle avait été plus proche de lui en sept jours que n’importe qui depuis la mort de sa mère. Une coccinelle ! Venue d’une autre planète ! Qui l’aurait cru ? Machinalement, le regard de Cédric se porta sur la jolie maison d’en face avec son toit en briques rouges et ses murs d’un blanc éclatant. A la deuxième fenêtre du premier étage, une lampe s’éteignit. Matti allait se coucher. Il jeta un coup d’œil à sa montre. Pas étonnant, vu l’heure avancée. Les tentacules de Sprongus, espèce extraterrestre de la famille du poulpe, indiquaient 20h02. Le jeune garçon compatit au sort de son amie. Matti, de son vrai nom Mathilda, était une jolie blondinette d’une dizaine d’années. Sa mère, Mme Doucet, refusait qu’elle fréquente Cédric qu’elle qualifiait de ‘’Bizarre ‘’. Mais l’enfant ne s’y trompait pas. Il savait qu’en réalité c’était parce que son père n’était pas dentiste ou architecte. Pourtant, autrefois, les deux enfants étaient inséparables. Ils passaient des journées entières au parc à rejouer des scènes de La guerre des étoiles. Certes, Matti était une fille. Mais, pour commander une flotte intergalactique il n’y en avait pas deux comme elle. Ensemble, ils combattaient les redoutables Borgues, avec leurs dents acérées et leur tête rotative. Avec des branches ou des barres en fer trouvées chez le père de Cédric, ils se fabriquaient des sabres lasers en se protégeant la tête de passoires et autres ustensiles chipés dans la cuisine pendant le goûter. Il adorait voir le regard bleu pervenche s’illuminer, la bouche en forme de cœur se retrousser et les joues veloutées rosirent de plaisir.
      Autrefois. Quand la mère de Cédric était encore en vie. Avant qu’ils ne la mettent dans une boite parce qu’elle avait trop dormi. Lui aussi dormait beaucoup mais ce n’était pas une raison pour l’enfermer. Ni pour l’emmener dans cet endroit qu’ils appelaient hôpital et qui sentait si mauvais. Il n’y était allé que deux fois. Une fois quand il était tombé de sa bicyclette à quatre ans et une autre quand ils avaient emmenés sa maman. Il avait essayé de les en empêcher en criant et en tirant sur la main froide et blanche. Il avait même pleuré. Juste un peu. Parce que, d’après Matti, ça marchait toujours avec les adultes. Mais rien n’y avait fait. Ils l’avaient emmenée. Et il était resté seul, en pyjama, dans le grand couloir blanc, entouré d’une multitude de visages tristes. Cédric se secoua et s’efforça de revenir à l’instant présent. Il avait déjà trop pensé à cela. On avait essayé de lui expliquer. Mais il ne comprenait pas. Il ne voulait pas comprendre. Pour l’instant, il avait mieux à faire.
      « -Parle-moi de ta planète, lança-t-il soudain.
      -Je l’ai déjà fait trois fois, soupira Cocci d’un ton las.
      -Fais-le encore une fois, supplia-t-il en tournant vers elle ses grands yeux verts brillants. »
      Il y eut un silence. Cédric s’installa plus confortablement, entourant ses genoux repliés de ses petits bras pâles et posant le menton dessus. Enfin, il y eut un soupir et Cocci commença :
      « -Ma planète s’appelle Stravarius. Elle est minuscule par rapport à la tienne et c’est pour cela que vous ignorez son existence. Elle gravite autour de l’étoile Nyus mais, une fois par mois, elle dévie de sa trajectoire et passe près de votre système solaire. Vous croyez voir une étoile filante alors que c’est nous. »
      Cédric secoua tristement la tête. Cette étoile filante, ce lien entre lui et sa maman n’était en fait qu’une planète. C’était à la fois surprenant et déroutant. Parce que cela signifiait qu’elle ne lui envoyait pas de signe. Brusquement, toutes ses certitudes s’effondraient, comme la première fois ou sa jeune amie lui avait raconté cela. Celle-ci, inconsciente de son trouble, poursuivit d’une voix de plus en plus animée :
      « -Nous ne sommes pas des êtres de chair et de sang comme vous, humains. Nous sommes des auras. Des lumières, si tu préfères. Chacune a sa couleur. Et chaque couleur correspond à un groupe particulier d’animaux. Les jaunes sont des félins. Les verts des oiseaux. Les bleus des créatures marines. Moi je suis rouge. Pour la catégorie des insectes et petits animaux. La plus facile à contrôler. Nous pouvons nous transformer à volonté. Le contrôle des éléments n’a plus de secret pour nous !
      -Ca a l’air chouette, fit l’enfant d’un ton rêveur.
      -Ca l’est. »
      Il y eut un nouveau silence, apaisant. Au bout d’un moment, Cédric dit d’un ton suppliant :
      « -Reste encore.
      -Je ne peux pas, répondit la coccinelle avec, dans la voix, une pointe de tristesse.
      -Mais si tu…
      -Nous en avons déjà discutés. J’ai des amis qui m’attendent et ma famille me manque. Je ne suis pas à ma place ici, dans une petite boite. »
      La dernière lueur d’espoir s’éteignit et le cœur de l’enfant sombra un peu plus. Les larmes lui vinrent aux yeux. Il avait enfin trouvé une amie. Quelqu’un qui le comprenait et qui l’acceptait tel qu’il était. Qui lui faisait oublier jusqu’à Titi et ses mesquineries. Mais voilà qu’elle s’en allait. Encore une fois, une personne qui lui était chère le quittait. Comme sa maman. Seulement, le plus douloureux, c’était de savoir qu’aucune des deux ne reviendrait. Plus jamais.
      « -Peut-être qu’un jour je viendrais te voir sur ta planète, fit Cédric d’une voix lointaine.
      -Peut-être. »
      Mais au fond, ils savaient tous les deux que ce n’était pas près d’arriver. Il faudrait encore des centaines d’années à l’humanité pour accepter l’existence d’autres formes de vie dans l’Univers. Et surement autant de temps pour trouver un moyen de les contacter. Pour l’heure, une telle hypothèse était donc à exclure.
      « -Bon, déclara Cocci, brisant le silence qui s’était installé, je pense qu’il est temps pour moi de partir »
      Cédric renifla et s’essuya le nez avec sa manche. Non, il ne pleurerait pas. Il ne gâcherait pas ce moment. Grâce à Cocci, il avait vécu une semaine merveilleuse. La plus belle depuis que sa maman n’était plus là. Il leva les yeux vers le ciel sombre piqueté d’une multitude d’étoiles scintillantes. Le croissant lunaire déversait sa douce lumière sur les alentours. Au loin, le chien de Mme Mooshman poussa son habituel aboiement aigu. Le garçonnet se tourna vers son amie.
      « -Tu vas me manquer, gémit-il d’une petite voix étouffée en la prenant sur son index, je ne t’oublierais jamais ! Tu resteras toujours ma meilleure amie.
      -Toi aussi Cédric, tu vas me manquer, fit la coccinelle avec émotion, je penserais à toi. »
      Un sanglot secoua l’enfant mais il cligna vivement des paupières pour empêcher les larmes de couler. Son amie lança sur le ton de la plaisanterie :
      « -Ne te laisse pas faire quand Titi et Ted veulent t’embêter. Et n’oublie pas qu’en calcul, la seule règle qui compte…
      -…c’est celle dont on a besoin, termina-t-il avec un faible sourire.
      -Oui, acquiesça-t-elle doucement »
      Avec un soupir, Cédric se rappela des cours auxquels ils avaient assisté. Lui, assis à son bureau et Cocci dans sa petite boîte. Quelques fois, quand il lui arrivait de rêvasser et que le professeur l’interrogeait, elle lui soufflait les réponses. Grâce à elle, il avait échappé à bien des pièges tendus par l’habile Mr Rouchot, un petit homme au rire nerveux et au crâne dégarni. Et maintenant, elle partait. Elle le laissait seul avec Mr Rouchot et ses tics, Mme Mooshman et son chien presque aussi gros qu’elle et Mme Doucet et ses sourcils perpétuellement froncés. Une fois encore, il se mordit la lèvre pour ne pas pleurer. Luc Skywalker ne pleurerait pas lui. Il serait fort, envers et contre tous ! Résolument, il baissa les yeux sur Cocci au moment ou celle-ci déclarait d’un ton de regret :
      « -Au revoir, Cédric. »
      Elle s’apprêtait à s’envoler quand il s’exclama soudain :
      « -Cocci ! Si tu vois ma maman, tu pourras lui dire que je l’aime très fort et qu’elle me manque beaucoup ? »
      Ses yeux brillaient d’une telle lueur d’espoir que sa jeune amie ne put que répondre tendrement :
      « -Bien sûr, Cédric. Je suis sure que tu lui manque aussi. »
      Il hocha lentement la tête, sans la quitter des yeux et dit dans un souffle :
      « -Au revoir. »
      Deux mots tous simples mais qui signifiaient tellement. La déchirure de la séparation. Le regret du peu de temps passé ensemble. La douleur de la perte. Mais surtout, la promesse d’une nouvelle rencontre.
      Tout doucement, comme pour retarder l’inévitable, Cédric déposa Cocci dans sa petite capsule en forme de noix. Un dernier instant. Un dernier regard. Un dernier sourire.
      Puis, l’engin métallique se referma sur la créature écarlate. Il se souleva lentement dans les airs tandis que des étincelles se formaient autour de lui au fur et à mesure qu’il prenait de la vitesse. Les étincelles se changèrent en sphère lumineuse qui s’envola vers le ciel tel un éclair. L’instant d’après, une étoile filante traversa le ciel à une vitesse vertigineuse. Sur son balcon, Mme Mooshman resserra sa robe de chambre à fleurs sur son impressionnant tour de taille. Depuis son grenier, Mr Rouchot s’éloigna de son télescope et se résolu à descendre affronter sa femme. A la fenêtre de sa chambre, Mathilde Doucet laissa retomber ses rideaux rose bonbon et prit son recueil de poème sur une étagère. Assis sur le toit de sa maison, Cédric contemplait le ciel étoilé. Seulement cette fois il était bel et bien seul. Les larmes brouillèrent son regard et il les laissa inonder ses joues, sans chercher à endiguer le flot de tristesse qui le submergeait. C’était comme de sortir de l’eau après avoir touché les carreaux bleus du fond de la piscine. Sa maman était partie. Cocci était partie. Il était seul. Seul pour apprendre à grandir. A assumer ses erreurs et à accepter ses faiblesses. A reconnaître la vérité au milieu des mensonges. Il avait dix ans. Pourtant, il avait brusquement l’impression d’en avoir vingt de plus. Aujourd’hui commençait sa vraie vie. Sa nouvelle vie.
      Peu à peu, les sanglots s’espacèrent, les larmes se tarirent. Alors seulement, quand le chien de Mme Mooshman poussa son quinzième aboiement, quand l’arrosage automatique des Doucets s’arrêta et quand les cris de Mme Rouchot cessèrent, il se décida à regagner la maison. Lentement, comme si tout son corps était meurtri, il se glissa à l’intérieur de sa petite chambre, par la fenêtre dépourvue de rideaux.
      Résolument, il se saisit de tous ses livres sur l’espace et les extraterrestres et les déposa dans sa corbeille. Bientôt, celle-ci fût pleine et il alla en chercher une autre. Il continua, encore et encore, jusqu’à ce que les murs de sa chambre apparaissent. Tiens, il avait oublié qu’ils étaient bleus. Il regarda le dernier livre qu’il tenait à la main. Non, pas celui-ci ! Il ne pouvait se résoudre à le jeter. Il se laissa tomber sur son petit lit, qui émit un grincement familier, et passa doucement ses doigts sur la couverture ou s’étalait un beau vaisseau spatial éclairé de mille lumières. Puis, sa main glissa d’elle-même vers le nom de sa mère, gravé en lettres d’or. Avec un soupir, il se pelotonna sous sa couette verte, serrant le précieux ouvrage contre son cœur. Au loin, il perçut un murmure. Une voix réconfortante, une caresse apaisante. Alors il s’endormit avec, sur le visage, un sourire juvénile. Demain était un autre jour. Demain serait un jour meilleur. Demain était le premier jour de sa nouvelle vie.

      La vieille horloge qui égrenait les heures poussa une première plainte qui serait suivies par une douzaine d’autres. Une clé tourna dans la serrure et la porte d’entrée s’ouvrit en grinçant avec de se refermer doucement. Le trousseau tomba dans un petit bol près de l’entrée avec un bruit métallique accompagné d’un long soupir. La longue silhouette maigre s’engagea pesamment dans l’escalier, la main calleuse glissa sur la rampe de bois. De temps à autre, un rayon de lune filtrait par une fenêtre, éclairant l’épaisse chevelure prématurément grise.
      Ayant atteint le palier, l’homme poussa doucement la porte de la chambre bleue. Seul la tête brune émergeait de sous l’épaisse couette verte décorée de soucoupes volantes. Son fils dormait paisiblement, sa respiration raisonnant régulièrement dans la petite pièce. Patrick s’avança silencieusement, remarquant d’un rapide coup d’œil les étagères vides, les livres entassés dans des corbeilles. Encore une de ses lubies. Il se pencha au-dessus de l’enfant et caressa légèrement son front pâle, repoussant quelques mèches sombres au passage. Puis, il saisit doucement le livre à la couverture écornée qu’il reconnaîtrait entre mille. Une feuille en tomba et il la ramassa, la tournant vers la fenêtre pour recevoir l’éclairage de la lune. Une énorme coccinelle rouge à pois noires s’étalait sur toute sa surface. Et, chose surprenante, elle souriait. Ses yeux semblaient vibrants de vie et de joie contenue.
      Patrick reposa le livre sur la table de chevet et sortit sans faire de bruit. Il poussa la porte de sa propre chambre, située juste en face et lança un regard mélancolique au grand lit en bois. Plus tard. Il avait une chose à faire avant. Patrick se dirigea vers la fenêtre qui s’ouvrit en poussant une légère plainte. Il s’accouda au montant et leva les yeux vers le ciel sombre et sa myriade d’étoiles. Alors, comme tous les soirs, il commença à parler de sa voix rauque et émue :
      « -Bonsoir, Suzanne. Tu nous manques tellement. Tu ne devineras jamais ce que Cédric a fait aujourd’hui… »
      La brise nocturne emporta ses paroles et dans le silence de cette douce nuit de printemps, seul un aboiement aigu lui répondit.


      FIN
      .

      - Un exemple de poème ? Attention, c'est vraiment pas mon domaine ><

      Citation :
      Alors vole, ma belle
      Déploie tes ailes et vole haut dans le ciel
      Laisse-toi porter par le vent
      Envahie d'un sentiment grisant
      Goûte l'ivresse de la l'ivresse
      Et contemple l'infinie beauté
      De contrées lointaines et inexplorées
      Non avilies par la race humaine
      Vierge de toute cette haine
      Oui vole, vole et libère-toi de tes chaîne.

      - Autre chose au choix, pour mettre toutes les chances avec vous ? Very Happy
      Un chapitre prit au hasard dans la quinzaine qui constitue mon "roman" non fini.
      Citation :
      Chez Bart était un petit restaurant situé non loin du Lycée de Riverview. Les jeunes aimaient s’y retrouver après les cours pour manger un hamburger ou siroter un soda pas cher. C’était aussi le seul endroit ou ma mère n’irait pas me chercher. Quand j’étais là, j’étais tranquille. Je ne craignais ni remontrances, ni commentaires désagréables sur ma façon de tenir une cuillère ou mes fréquentations. Au début, c’était surtout par provocation que j’y allais. Une manière de me rebeller contre les conventions sociales. Et il faut dire que ça me changeait agréablement des salons de thé avec leurs services en porcelaine de Chine, ou encore des restaurant ou le prix d’un verre d’eau était supérieur à celui de votre garde-robe.
      Aujourd’hui encore, j’éprouvais le même sentiment de plaisir en entendant tinter la clochette de la porte que je poussais pour entrer. Les banquettes en Skaï rouge craquelé, le comptoir aux chromes rutilants, les posters de vieux films américains et la musique country. Rien n’avait changé en trente ans, depuis que Bart Connelly et sa femme Lisa avait ouvert l’établissement. Oui, tout était comme d’habitude. Sauf mon humeur. J’avais eu toutes les peines du monde à m’extraire de mon lit, après une nuit passée à me retourner sans parvenir à trouver le sommeil. Je savais que j’aurais dû être forte. Seulement, je ne pouvais ignorer le profond désespoir qui me rongeait et engourdissait mon cerveau. J’espérais toutefois que les grandes lunettes noires que je portais masqueraient les cernes qui marquaient mes yeux. Car j’avais décidé de ne rien révéler à personne sur ma rencontre d’hier.
      « -Nina !, s’exclama une voix rauque familière, comment vas-tu, ma jolie ?
      -Bonjour, Lisa, répondis-je avec un entrain forcé, je vais on ne peut mieux ! »
      Facile à dire. Heureusement, la propriétaire de l’établissement ne sembla rien remarquer. Je la regardais s’avancer vers moi en enviant son énergie. Petite et bien en chair, Lisa Connelly possédait une opulente chevelure auburn, qui ruisselait en boucles désordonnées sur ses épaules. Ses yeux ambrés pétillaient de malice et, à la regarder, on lui donnerait facilement dix ans de moins que ses cinquante ans. Elle arriva à ma hauteur et pinça affectueusement mon bras.
      « -Mais tu es maigre comme un clou, ma pauvre chérie !, s’écria-t-elle, visiblement horrifiée, va vite t’assoir près de Tamara, je vous envoie Gina pour prendre votre commande.
      -Merci, Lisa, fis-je en suivant la direction qu’elle m’indiquait »
      Je n’eus aucun mal à repérer Tam. Vêtue d’un collant orange vif, d’une robe violette et de ballerines assorties, elle me faisait de grands signes de la main en souriant largement. Sur ses cheveux roux, elle avait mis un serre-tête mauve orné d’une grosse fleur bleue à paillettes qui s’harmonisait étrangement avec sa frange verte. Je la rejoignais rapidement et me glissais sur la banquette en face d’elle.
      « -Coucou Nina, dit-elle d’une voix enjouée.
      -Coucou, répondis-je, avec une pointe de morosité. »
      Je lui enviais sa bonne humeur matinale. Rien à voir avec ma voix enrouée. Elle me dévisagea plus attentivement, ses yeux violets pétillants de malice.
      « -J’en connais une qui s’est levée du pied gauche ce matin ! Mauvaise nuit ?
      -Humph… »
      Je plongeais vivement le nez dans la carte dorée, pour tenter de lui dissimuler mes traits tirés et mon teint trop pâle. C’était sans compter sur sa ténacité légendaire. Avant que j’ai pu esquisser un geste pour l’en empêcher, elle m’avait arraché mes lunettes, dévoilant mes cernes violacés.
      « -Oh mon Dieu, Nina !, s’exclama-t-elle avec un claquement de langue réprobateur, qu’est-ce qui s’est passé ?!
      -Rien rien, marmonnais-je en me replongeant dans mon menu, j’ai juste mal dormi à cause d’une fête dans le voisinage. Tu sais comment je suis, un rien me tient éveillée !
      -Si tu crois que tu vas t’en sortir comme… »
      Fort heureusement, Gina arriva sur ces entrefaites, coupant court à toute discussion. Je n’avais jamais été aussi heureuse de voir cette blonde pulpeuse aux cheveux retenus par un crayon et à la bouche perpétuellement en mouvement. Soit parce qu’elle parlait à un client particulièrement séduisant, soit parce qu’elle mâchait du chewing-gum à l’ananas…soit les deux ! Son uniforme bleu était si serré que je la soupçonnais de l’avoir fait rétrécir au lavage, ce qui lui donnait l’air de Dorothy dans Le Magicien D’Oz. Ses petits yeux bleus disparaissaient presque sous l’abondance d’eye-liner et de mascara. Mais, au lieu de lancer les œillades provocantes dont elle avait le secret, ils étaient occupés à détailler ma tenue.
      A son froncement de nez en voyant ma sage jupe en lin blanche et mon chemisier rose aux manches bouffantes, j’en conclus que je n’étais pas à son gout. Gina semblait penser que tout vêtement de plus de dix centimètres de longueur aurait du être interdit à la fin des années cinquante.
      Avec un immense effort de volonté, elle parvint à contenir la remarque acide qui lui venait aux lèvres (surement s’était-elle rappelée que j’étais la fille du maire) et étira sa bouche carmin en ce qui se rapprochait le plus d’un sourire.
      « -Alors, les mômes, qu’est-ce que je vous sers ?, demanda-t-elle avec toute l’arrogance des ses vingt ans.
      -Un Banana-Split avec supplément de chantilly et double dose de chocolat et une assiette de frite, pour moi, commanda Tam avec un sourire angélique.
      -Juste un Moka et un petit pain à la cannelle, s’il te plait, rétorquais-je après avoir brièvement consulté la carte.
      -Ok, pas de problème, grommela Gina en griffonnant à toute allure sur son carnet de commande. »
      Elle prit les menus et s’éloigna, glissant en chemin la commande à Bart, qui s’activait derrière ses fourneaux avant de se diriger, avec force déhanchement vers un beau blond bronzé qui venait de s’installer.
      « -Alors, fis-je en me tournant vers Tam, tu avais un truc à me dire ?
      -Heu…Ah oui, c’est vrai ! J’ai bien failli oublier ! »
      Ses yeux violets brillèrent d’un éclat nouveau tandis qu’elle contenait mal son excitation.
      « -Devine qui va chanter au Sunrise Bar, demain soir ? Les Deadly Roses !!
      -Non ?!
      -Si !!
      -Oh Tam, c’est fantastique !, m’exclamais-je en me levant pour la prendre dans mes bras. »
      Les Deadly Roses était le groupe que Tam avait fondé, trois ans plus tôt, avec trois autres musiciens. Elle était la chanteuse mais il lui arrivait aussi de jouer de la guitare ou de la batterie à l’occasion. C’était une chance inespérée que de se produire sur la scène du Sunrise, tremplin pour bon nombre de jeunes talents.
      « -Je sais oui, fit-elle quand chacune reprit sa place, je suis vraiment contente et les autres aussi ! Tu viendras m’encourager, n’est-ce pas ?
      -Compte sur moi, je ne raterais ça pour rien au monde ! »
      Sur ces entrefaites, Mike, le seul serveur, arriva en portant un plateau qui tanguait dangereusement. Avec son épi blond et ses lunettes bleues, Mike était mignon à sa manière. Il avait un an de plus que nous, mais ne paraissait pas son âge. La faute à son air angélique et à ses jolis yeux bleu pâle. Et aussi à ses manières timides et à sa façon de rougir facilement.
      Depuis toujours, Mike était amoureux de Tam, mais celle-ci préférait les grands bruns baraqués et limite néandertaliens. Maintenant, planté près de notre table, il dévorait littéralement mon amie du regard tandis que celle-ci examinait ses ongles peints en vert avec indifférence.
      « -Salut, Mike, lançais-je gentiment, dans l’espoir de le mettre à l’aise et d’avoir mon Moka.
      -Oh…Hello, Nina, bafouilla-t-il en sortant brusquement de sa rêverie, je…Gina est occupée alors Bart m’a chargé de m’occuper de vous.
      -Super. »
      Ce simple mot prononcé par Tam eut l’air de le faire entrer en transe. Brusquement, il regarda son plateau d’un air perplexe, se demandant visiblement comment celui-ci avait atterrit là. Il parût recouvrer ses esprits, du moins suffisamment pour déposer les plats sur la table en ne renversant qu’une goutte moka. Un exploit en soi !
      « -Bon et bien…, commença-t-il en tenant son plateau contre lui, cherchant visiblement un prétexte pour s’attarder, comme nettoyer les plis de la banquette ou gratter les chewing-gum sous la table.
      -Merci, Mike, à plus, le coupa Tam en avalant une frite recouverte de sirop de chocolat. »
      Le pauvre garçon s’éloigna à regret avec une mine de chien battu, mais apparemment comblé d’avoir entendu sa chère et tendre prononcer son nom. J’eus presque pitié de lui.
      « -Pauvre garçon, soupirais-je en coupant un bout de mon petit pain, il est fou de toi. Un amour impossible, malheureusement.
      -Qui ça, Mike ?!, ironisa Tam en avalant un gros morceau de glace, il s’en remettra ! Et puis, de toute façon, il est trop jeune pour moi.
      -Il a dix-huit ans, m’insurgeai-je en fronçant les sourcils, c’est quelqu’un de bien et de stable et son QI n’avoisine pas le zéro au moins ! »
      La rouquine se contenta d’un sourire moqueur avant de tremper une autre frite dans sa glace. Résignée, je buvais mon Moka en espérant qu’il me donnerait l’énergie nécessaire pour affronter cette journée. Tam, ma mère, Gina…autant de personnes radicalement différentes mais que je devais m’efforcer de côtoyer. Après tout, qui sait ? Peut-être que cette épreuve, ces dix jours à vivre, était une bonne chose. Peut-être qu’elle me permettrait de mieux me connaître et de rendre les gens qui m’entourent plus heureux. A mes dépends, certes. Mais ne dit-on pas que l’on n’a pas peur de mourir si l’on a bien vécu ? Je pense avoir bien vécu. Du moins, comme il faut, en restant dans les rangs. Je connaissais les limites à ne pas dépasser et j’essayais de les respecter.
      Je vivais bien, mangeais bien, m’habillai bien. J’avais une belle maison, des parents, un frère, une meilleure amie, un petit copain et une voiture. Que demander de plus à la vie ? Mais me convaincre de ça était une autre histoire !
      Soudain, Tam sembla avaler ses frites de travers tandis que ses yeux s’ouvraient comme des soucoupes. Surprise, je la considérais, sourcils froncés. Elle s’essuya rapidement la bouche avant de pointer du doigt le comptoir.
      « -Ouach, fit-elle seulement, ça c’est quelque chose ! »
      Connaissant les gouts particulièrement fantaisistes de mon amie, je jetais discrètement un coup d’œil dans la direction qu’elle indiquait. Et je restai estomaquée. Pour une fois, Tam avait raison. C’était vraiment quelque chose. Un mètre quatre-vingt de séduction féline.
      Le teint légèrement hâlé, les cheveux noirs et raides retombant souplement sur le front, la bouche esquissant une moue ironique, il était vraiment…Ouach ! Il portait un T-shirt blanc au col en V sous un blouson en cuir noir, éraflé aux coudes. Son jean, noir également, était troué au niveau du genou gauche, dévoilant une légère cicatrice en forme de demi-lune et il était chaussé de bottes de motard sombres et poussiéreuses.
      Nonchalamment accoudé au comptoir, un pied posé sur la barre en fer d’un tabouret, il semblait passer une commande. Il devait avoir notre âge, ce qui n’empêchait pas Gina de flirter outrageusement avec lui, bombant le torse et cillant tellement que je sentais presque l’odeur de son mascara jusqu’ici. Il dit quelque chose qui fit rire la serveuse. Mais, plus que la plaisanterie, ce qui attira mon attention fût le timbre de sa voix. Une voix grave au timbre velouté. Mon Dieu ! Le mec de la forêt !
      A cet instant, comme s’il avait sentit mon regard posé sur lui, il se retourna et scruta la salle. Ses yeux étaient bleu cobalt. Mon Dieu ! Pourvu qu’il ne m’ait pas vu ! En hâte, je baissai la tête sur les miettes de mon petit pain à la cannelle, espérant que mes longues boucles châtaines masqueraient mes traits.
      « -Nina, il vient vers nous, chuchota Tam d’une voix surexcitée.
      -Oh non, gémis-je en fermant les yeux.
      -Oh si ! Lève la tête, voyons, il va penser que tu as la lèpre ! »
      Je ne pus faire autrement que d’obtempérer, sous peine de susciter des interrogations auxquelles je n’étais pas sûre de vouloir répondre. L’inconnu s’arrêta à notre hauteur et lança avec un sourire qui aurait poussé Leonardo DiCaprio au suicide :
      « -Salut les filles, je peux me joindre à vous ?
      -Bien sur, bien sur, glapit Tam en frétillant comme un chiot à qui on donne une friandise »
      Il tira une chaise d’une table voisine et s’y installa à califourchon avant d’enchaîner sur le même ton incroyablement charmant :
      « -On ne se connait pas encore. Moi c’est Chase Kenston.
      -Ravie, Chase ! Je suis Tam McQuent. »
      Oh non, voilà qu’il se tournait vers moi, maintenant. Si je parlais, il allait forcément reconnaître ma voix. Mais comment faire autrement, alors qu’il me scrutait de ses superbes yeux cobalts. Inspiration, expiration, inspiration…
      « -Euh …, fis-je d’une voix étranglée avant de m’éclaircir la gorge, je m’appelle Caterina Sterson.
      -Mais tout le monde l’appelle Nina, me coupa Tam avec un regard de reproches.
      -Enchanté de faire ta connaissance, Nina. »
      Mon Dieu, pourquoi fallait-il qu’il le prononce de cette façon si…Ouach !
      « -Moi de même, répondis-je d’un ton mal assuré.
      -Tu es nouveau en ville ?, enchaîna Tam.
      -Ouais, je viens d’arriver hier avec ma mère.
      -Et tu pense quoi de Riverview ? »
      Mais d’où sortait cette banalité ?! Comme si je n’avais pas l’air assez idiot ! Maintenant, il allait me prendre pour une débile profonde. Mais, après tout, que m’importait son opinion ? J’avais un petit ami ! Un mec super ! Mon Dieu, est-ce que j’avais réellement envisagé de sortir avec lui ?? Mais ou m’aurait-il emmené ? Etait-il du genre hot dog et match de foot ou ballade au clair de lune. Il faudrait que je me documente un peu sur le foot, pour ne pas avoir l’air ridicule. Stop ! Stop ! Stop ! Je m’aperçus, consternée, du tour inattendu qu’avaient pris mes pensées. Chase me parlait depuis un moment sans que je saisisse un seul mot.
      « Pardon, tu disais ?, l’interrompis-je en clignant des yeux.
      -Eh bien, que Riverview était une ville sympa. Plus agréable en tout cas, qu’Amsterdam ou Hong Kong.
      -Tu as pas mal voyagé on dirait.
      -Ouais, c’est vrai. »
      Il n’en dit pas plus ce qui me laissa légèrement sur ma faim. Mais après tout, ce n’était qu’un mec que je venais de rencontrer. Je n’avais pas besoin de son pedigree. Gina l’apostropha alors du bout du comptoir :
      « -Eh, le nouveau, ta commande est prête ! »
      A mon grand regret, je vis Chase se lever et remettre sa chaise en place. Puis, il se tourna vers nous et dit avec un sourire craquant :
      « -C’était sympa de faire votre connaissance.
      -Plaisir partagé, gloussa Tam en le regardant à travers sa frange verte.
      -Ca te dirait qu’on aille quelque part, un de ces jours ? »
      La question, qui m’étais adressée, me prit tellement au dépourvu que je failli lâcher mon Moka. Sortir ? Avec lui ? Juste tous les deux ? Je fus surprise d’avoir autant envie d’accepter.
      « -Hum, non, désolé, j’ai déjà quelqu’un, répondis-je néanmoins avec un sourire d’excuse.
      -Réfléchis-y !, s’écria-t-il en enfilant ses gants de cuir coupés au niveau des doigts, à un de ces quatre ! »
      Il saisit le sac en papier qui contenait sa commande, adressa un sourire charmeur à Gina, qui faillit en lâcher son crayon et sortit en poussant la porte avec son dos. Bientôt, le rugissement d’une moto se fit entendre avant de s’atténuer progressivement.
      « -Oh mon Dieu, Nina, répéta Tam pour la troisième fois au moins, ce mec est trop craquant ! T’as vu ces yeux ?! Je peux te parier mon plus beau chapeau que personne n’en a de pareil à trois kilomètres à la ronde !
      -Tu exagère, grommelai-je en finissant mon Moka d’un trait, il est…passable.
      -Passable ?!, s’étrangla-t-elle en roulant des yeux effarés, non, Mike est passable, lui il est superbe !
      -Mike est gentil, protestai-je vainement, même si, au fond de moi, j’étais d’accord avec mon amie.
      -Ouais, gentil comme mon hamster, ironisa-t-elle en avalant sa dernière frite, non mais sérieusement, pourquoi t’as pas accepté de sortir avec lui ? Moi, à ta place, je l’aurai enchainé à la banquette !
      -Et de un, j’ai un petit copain, et de deux ma mère ne serait pas d’accord, argumentai-je en comptant sur mes doigts.
      -Gavin et ta mère ! Tu parles d’une excuse !
      -Bon, ça suffit, je ne veux plus en parler. De toute façon, il est partit et il est peu probable qu’il retienne mon nom ! »
      Comme elle semblait vouloir continuer, je fis vivement signe à Mike d’apporter l’addition. Le jeune serveur regarda autour de lui, puis se dépêcha de répondre à ma requête, les joues rouges.
      En fin de compte, on n’avait pas toujours ce qu’on voulait dans la vie. Au contraire, on passait plus d’épreuves que l’on ne recevait de cadeaux. J’en savais quelque chose. J’allais mourir. Dans dix jours. Pour l’instant, tout cela semblait très abstrait. J’espérais même avoir encore une chance de m’en sortir. Mais, contrairement à Mike, je savais qu’il était vain d’espérer un retournement de situation.
      PS: Nina est l'héroïne. Tam sa meilleure amie.




●● T'as envie de parler de toi ?

    Déballe TOUT !;


        Bon, alors, quoi dire de plus sur moi? J'ai fêté mes 16 ans le 21 octobre et j'ai reçu une paire de lentilles de contact en cadeau. Mais, ce n'est pas vraiment ce qui vous intéresse ^^". J'adore-dans l'ordre-le bleu, le mauve, le noir et le gris. Je suis quelqu'un de plutôt calme et posé sauf en certaines occasions où je me lâche vraiment. J'aime lire-bien entendu!-, surtout des romans contemporains et historiques et je suis une grande fan de séries et films américains:p. J'ai une chienne BA de 2 ans maintenant qui est un peu fofolle --". Enfin, j'écris quand l'envie m'en prend mais j'ai souvent la flemme d'aller au bout de ce que je commence T-T, ce qui donne pas mal de textes non finis. Une description physique, peut-être? Cheveux bruns, yeux bruns et teint trop pâle:p Je m'arrête là, sinon je vais me retrouver à rédiger mon CV avant même de m'en rendre compte!



●● And it's the end !


    - Pourquoi ce pseudo ?; C'est le premier que j'ai pris et il m'est resté.^^
    - Comment es-tu arrivé(e)s sur Writer's Dreams ?; Par l'intermédiaire d'un autre forum.
    - Au fait, tu parles quelles langues ? Oh, ça: Français bien sûr, Arabe évidemment et je me débrouille pas trop mal en Anglais.
    - Un dernier mot ? Je vous aiiiiime!!


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MessageSujet: Re: Aster (pas trouvé de titre de noblesse assez important *-*)    Mar 1 Nov - 12:32

Bonjour Aster ! Very Happy

J'aime bien ton texte I love you

Tu es en quelle classe, au lycée ? =)
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Aster
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MessageSujet: Re: Aster (pas trouvé de titre de noblesse assez important *-*)    Mar 1 Nov - 17:24

Hellow^^
Merci pour le compliment.
En fait, c'est un peu compliqué à expliquer, parce qu'il y un léger décalage entre le système français et le notre Smile.
Je dirais en gros que c'est ce qui se rapproche le plus de la 2ème chez vous. :p

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Bluetje
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MessageSujet: Re: Aster (pas trouvé de titre de noblesse assez important *-*)    Mar 1 Nov - 17:52

    Aaaah, je suis née le 20 octobre, moi Very Happy

    Octobre, on est les meilleurs Cool

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Un enfant, c'est comme un adulte normal, sauf que ça sert à rien.

« Si stupide que soit son existence, l'homme s'y rattache toujours. »
A. Rimbaud.
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Aster
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MessageSujet: Re: Aster (pas trouvé de titre de noblesse assez important *-*)    Mar 1 Nov - 17:53

Ouaich, les balances en puissance! *Niark Niark*

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MessageSujet: Re: Aster (pas trouvé de titre de noblesse assez important *-*)    Aujourd'hui à 20:08

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Aster (pas trouvé de titre de noblesse assez important *-*)
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